Homepage Blog Du champ à l’auge : que se passe-t-il réellement à l’intérieur d’une balle enrubannée ?

Du champ à l’auge : que se passe-t-il réellement à l’intérieur d’une balle enrubannée ?

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Une balle d’enrubannage bien réalisée peut sembler simple de l’extérieur. Pourtant, à l’intérieur, un processus biologique précis et maîtrisé est en cours.
La qualité du fourrage plusieurs mois plus tard dépend de ce qui se passe dans les premières heures et les premiers jours après le pressage… et surtout de la rapidité avec laquelle l’air est exclu.

Comprendre ces mécanismes permet aux agriculteurs et aux entrepreneurs de travaux agricoles de prendre de meilleures décisions au champ : taux de matière sèche, densité de pressage, choix du filet et du film d’enrubannage.

L’objectif : créer un environnement sans oxygène

Dès que l’herbe est fauchée puis pressée, les cellules végétales et les micro-organismes naturellement présents respirent. Ils consomment de l’oxygène et produisent de la chaleur.

Pour obtenir un enrubannage de qualité, cette phase dite “aérobie” doit être la plus courte possible.
Une fois l’oxygène éliminé, les bactéries lactiques prennent le relais. Elles transforment les sucres en acide lactique, ce qui fait baisser le pH et stabilise le fourrage.

Si l’oxygène reste présent trop longtemps, des micro-organismes indésirables se développent : échauffement, moisissures, pertes de matière sèche.

En résumé :
Air présent = risque d’altération
Air exclu rapidement = enrubannage stable et de qualité

Pourquoi la densité et la forme de la balle sont essentielles

Une balle dense contient naturellement moins d’air emprisonné.
Mais la forme extérieure est tout aussi importante, notamment pour les balles rondes.

Une surface irrégulière ou des bords mal maintenus peuvent créer des poches d’air entre la balle et le film d’enrubannage. Ces zones peuvent rester actives sur le plan aérobie, même si le reste de la balle fermente correctement.

C’est pourquoi la régularité de formation et un maintien homogène sur toute la largeur de la balle sont déterminants.

Le rôle du filet avant l’enrubannage

Avant la pose du film, le filet joue un rôle clé : il maintient la structure et la forme de la balle.

Un filet de qualité insuffisante ou mal adapté peut ne pas couvrir parfaitement la balle d’un bord à l’autre. Cela crée des “épaules” sur les côtés, zones moins comprimées.

Ces défauts peuvent :

  • Rendre l’étanchéité du film plus difficile

  • Favoriser la présence d’air résiduel

  • Augmenter le risque de moisissures sur les bords

  • Accroître les pertes et donc le coût réel à la balle

Un filet couvrant parfaitement de bord à bord permet d’obtenir une surface lisse et homogène, optimisant ainsi l’efficacité du film d’enrubannage.

balle enrubannage épaulements

Le rôle du film d’enrubannage

Une fois l’enrubannage commencé, le film devient la principale barrière contre l’oxygène.

Un enrubannage réussi doit :

  1. Exclure totalement l’oxygène

  2. Maintenir la pression sur le fourrage lors de la stabilisation

  3. Protéger la balle contre les agressions extérieures (perforations, intempéries)

Le nombre de couches, le recouvrement et la qualité de surface de la balle influencent directement l’efficacité de cette barrière.

Même de faibles entrées d’air peuvent, avec le temps, favoriser le développement de levures et de moisissures, notamment en périphérie.

Les problèmes surviennent généralement lorsque l’air pénètre à nouveau dans la balle : défaut d’étanchéité, film endommagé ou forme irrégulière.

Les étapes de la fermentation dans une balle enrubannée

Une fois la balle hermétiquement fermée, la fermentation se déroule en plusieurs phases :

1. Phase respiratoire initiale (premières heures)
Consommation de l’oxygène résiduel.

2. Fermentation lactique (premiers jours à semaines)
Transformation des sucres en acide lactique, baisse du pH et stabilisation.

3. Phase de conservation
Si l’oxygène est totalement exclu, la balle reste stable pendant plusieurs mois avec un minimum de pertes nutritives.

Les problèmes surviennent généralement lorsque l’air pénètre à nouveau dans la balle : défaut d’étanchéité, film endommagé ou forme irrégulière.

Les causes fréquentes d’une fermentation insuffisante

Lorsque la qualité de l’enrubannage est décevante, les causes sont souvent liées à :

  • Un fourrage trop sec ou trop humide

  • Une densité de pressage insuffisante

  • Un délai trop long entre pressage et enrubannage

  • Un nombre de couches de film insuffisant

  • Une forme de balle irrégulière

  • Des perforations lors de la manipulation ou du stockage

La plupart de ces paramètres sont maîtrisables, et de petits ajustements peuvent avoir un impact significatif sur la qualité du fourrage.

Pourquoi c’est crucial

Une bonne fermentation permet de préserver :

  • L’énergie

  • Les protéines

  • L’appétence

Une fermentation défaillante entraîne :

  • Des pertes de matière sèche

  • De l’échauffement et des moisissures

  • Une baisse d’ingestion par les animaux

Chaque balle représente un investissement important en temps, carburant, main-d’œuvre et surface cultivée.
Protéger cet investissement passe par la maîtrise de chaque détail : de la fauche au choix du filet, jusqu’à la technique d’enrubannage.

À retenir

Une balle enrubannée n’est pas simplement de l’herbe stockée : c’est un système de fermentation contrôlé.

Plus l’oxygène est éliminé rapidement, plus l’enrubannage sera stable.
Densité, régularité de forme, couverture optimale du filet et qualité du film d’enrubannage sont des facteurs déterminants dès la sortie de la chambre de pressage.

Car au final, ce qui se passe à l’intérieur de la balle conditionne directement la qualité du fourrage à l’auge.


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